Les poésies d'aujourd'hui et de l'antiquité remontent au chagrin de vivre : la perte de quelqu'un ou de quelque chose, l'attente perpétuelle d'un but presque impossible à accomplir, le doute sur soi-même, l'inquiétude, etc. Elles nous transportent dans un monde imaginaire, qu'il soit surréaliste ou non. En ce qui concerne les poésies du 20ème et du 21ème siècle, à travers les mots, au lieu de révéler le sens intime, elles le cachent. C'est un paradoxe auquel on ne peut échapper. Les mots ne suffisent plus à extérioriser ce qui coule dedans. Au contraire, les mots ne sont plus qu'un camouflage de pensées, d'idées. Il faut lire au-delà des mots et parvenir à cette instabilité incontestable qui ne sache comment s'exprimer et se transformer d'un état abstrait à un état physique (le langage). Si ce déguisement du langage n'existait pas, on ne pourrait jamais libérer notre imagination.
Dans l'heure de cette incapacité langagière, c'est seulement notre imagination qui peut nous aider à préserver notre âme poétique et à développer un regard assez habile pour décrypter la vague sensation intérieure, en quête de se manifester dans la poésie.
18 août 2023
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