Un mot. Un autre mot. Et puis, un autre. Trois mots désormais. Les trois se tiennent là, sans rien dire. Fatigués, indifférents, ils s'alignent les uns après les autres, mais se perdent dans l'incohérence de leur existence éphémère. Ces trois mots s'efforcent ardemment de se comprendre, de tisser des liens entre eux, de se serrer la main, mais un abîme infranchissable, un décalage spirituel insurmontable et soudain, une dégradation de l'esprit, les repoussent vers l'inconnu et l'incertitude. Voyez-vous, ils ont des similitudes, les mêmes lettres, la même catégorie grammaticale, et ils sont issus de la même langue. Mais, comme nos voisins, la fille d'à côté, ces trois individus ne parviennent pas à s'entendre. Ils veulent se parler, mais ils ne le font pas. Ils s'aiment, pourtant ils préfèrent le silence, cette absence colossale de toute communication qui altère la profondeur de ce sentiment magnifique, intraduisible en mots. Ainsi, ils ne disent ri...